La Ferme des ormes
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(Pierreville) La Ferme des Ormes de Pierreville a décidé d'innover cette année en aménageant sur ses terres du rang du Chenal-Tardif de grands tunnels non chauffés. Une première au Centre-du-Québec.
Selon Michèle Bourque et Michel Deschênes, le couple qui est propriétaire de l'entreprise avec le couple Josée Lanoie et Jean Bourque, ainsi que Stéphane Bourque, l'ajout de cette superstructure qui couvre une superficie de terrain d'un demi-hectare devrait permettre d'allonger de six semaines la saison de production de produits maraîchers à cette ferme qui bénéficie déjà du micro-climat existant en bordure du lac Saint-Pierre.
Ces grands tunnels non chauffés forment quatre chapelles qui font 400 pieds de long par 100 pieds de large. Il s'agit d'autant de structures métalliques qui forment des demi-cercles et dont le faîte fait une quinzaine de pieds de hauteur. La structure est recouverte d'une membrane plastifiée assez épaisse et rigide qui doit toutefois être rabattue sur le rebord à la fin de l'automne pour éviter qu'elle ne s'abîme durant la période hivernale.
Ces structures, qui prennent la forme de grands tunnels, ont été mises en place l'automne dernier. Elles ont requis un investissement de 40 000 $. L'année précédente, les cinq propriétaires avaient investi un autre montant de 40 000 $ dans l'achat d'un tracteur dont la hauteur devait permettre de faire le travail sous le dôme plastifié.
Les premiers plants et semis ont été mis en terre au début d'avril. Les premiers cornichons doivent être récoltés cette semaine, les petites fèves la semaine prochaine. On y retrouve aussi des concombres, des tomates, des piments, des zuchinis, des oignons et de la salade.
«Lorsque la récolte des haricots sera terminée, on va planter de nouveau des concombres à leur place pour une deuxième récolte tard à l'automne, au mois d'octobre. Finalement, les grands tunnels vont nous permettre de récolter des légumes trois semaines plus tôt au printemps et trois semaines plus tard à l'automne», de dire Michèle Bourque.
Cette saison de récolte en tunnel en sera une en quelque sorte expérimentale puisqu'il s'agira de la première du genre. Les copropriétaires sont toutefois confiants d'obtenir de bien meilleurs rendements.
«En littérature, on parle de rendements améliorés dans une proportion de 300 % pour les tomates, entre autres», signale Michel Deschênes qui a bien hâte de voir les résultats à la fin de la saison.
Chose certaine, fait-il valoir, on maîtrise davantage les éléments de la nature lorsque les plants sont ainsi mis à l'abri des intempéries, que ce soit du froid, du vent ou encore des pluies trop abondantes.
La terre étant arrosée goutte à goutte au moyen de petits tuyaux microperforés à distance égale, les propriétaires ont le contrôle sur l'arrosage du champ. Les légumes sont plus beaux et de meilleure qualité, assure-t-il, en rappelant que 70 % des tomates de champ peuvent être déclassées et rendues juste bonnes pour faire du ketchup lorsqu'elles poussent au grand air. Sans compter qu'une grosse pluie sur les tomates de champ, c'est un vecteur de maladie, renchérit Mme Bourque.
Les grands tunnels non chauffés permettent aussi d'exercer un meilleur contrôle sur les insectes. Donc, moins besoin de fongicides et d'insecticides.
L'utilisation de ces grands tunnels est déjà bien répandue en Europe étant donné que les producteurs, là-bas, sont davantage limités en superficie. C'est une manière pour eux d'optimiser les rendements. Au Québec, on en retrouve dans les régions de Montréal, de l'Estrie ainsi qu'à l'Île d'Orléans, notamment.
La Ferme des Ormes a démarré ses activités en 1997. Elle emploie en saison de 25 à 30 employés. Neuf Guatémaltèques arriveront au Québec, demain soir, et en joindront les rangs.
L'entreprise écoule 80 % de sa production au détail à la ferme ainsi qu'au Marché Godefroy de Bécancour et au Marché public de Drummondville. L'autre 20 %, essentiellement des fraises, est vendu en gros dans quelques grandes surfaces de la région.
Le chiffre d'affaires de l'entreprise, en hausse de 30 % par année ces dernières années, a atteint 700 000 $ en 2009. Avec le rendement accru que laissent espérer les grands tunnels non chauffés, dont la superficie devrait être doublée l'an prochain, les propriétaires estiment que le million $ de chiffre d'affaires sera bientôt à portée de vue.
Source: Le Nouvelliste
Date: 01-06-2010


